La Mairie de Longuyon

                                                                                                            

Le 18 octobre 1863, le conseil municipal, sous la présidence de François, Louis COMON, Maire et médecin, décidait d'ériger une nouvelle mairie sise Place d'Armes, ou encore Place THIEBAULT (nom donné en hommage au comte de Bar qui avait affranchi la ville en 1270.

Le projet est confié à Mr. Varin, architecte, et la ville acquiert quelques terrains faisant obstacle à l'implantation de cet Hôtel de ville qui doit se trouver dans l'alignement de la "Maison d'institution érigée par Mr. IGIER, maire de la ville, et Mr BEAUCHET, architecte, en 1826". (Cette inscription était gravée sur le mur de l'ancienne Chefferie, côté rue de Deauville).

En 1867, la nouvelle mairie est ouverte au public. Sa construction a débuté en 1864, et les acteurs du projet ont été bien téméraires d'élever un tel monument orgueilleux quand on sait que Longuyon ne comptait que 2 300 habitants à cette époque. Cependant, le conseil municipal constate quelques défauts, quelques malfaçons. Des lambris ont été réalisés en un matériau moins noble que le chêne prévu au devis, une marche d'escalier d'honneur de gauche, n'a pas la même largeur que les autres; on en fait remarque à l'entrepreneur et l'on suspend les paiements. Le pauvre GAUNARD, entrepreneur trop prompt à conclure, tombe en faillite. Désespéré, il met fin à ses jours en se jetant du haut du campanile, noblesse de l'édifice.

Mais nos édiles d'alors eurent bien raison de voir grand, et leur belle mairie, malgré l'avis de certains détracteurs de son style, fait particulièrement bonne figure dans notre ville.
(source Mairie de Longuyon)


Le Totem


                                                                                                                          

Installés à Longuyon en 1954, avec une base aérienne à Marville, les Canadiens quittèrent notre région en 1966/1967 à la suite de la décision du général DE GAULLE de ne plus appartenir à l'OTAN en 1966.
Les canadiens, en remerciement de l'accueil reçu des Français, proposent à la municipalité, présidée par Robert DRAPIER, d'ériger un totem caractéristique de la nation canadienne.
Celui-ci fut inauguré le 11 mars 1967 par le chef indien KHUT LA CHA et sa squaw "Princesse de la Paix", en présence du maire et du conseil municipal ainsi que les 4 colonels qui s'étaient succédés à la base. Après de nombreuses danses et chants indiens accompagnés d'un tambourin, le chef donna sa coiffe au Colonel CHRISTIE, le dernier commandant de la base qui dévoila la plaque apposée sur le socle du Totem.
"En témoignage de l'accueil sympathique réservé par la population française à tout le personnel canadien de la première Wing, Royal Canadian Air Force, ayant séjourné sur la base de Marville pendant les années 1954 à 1967.

Usé par les ans, notre insolite Totem fut remplacé grâce aux Canadiens de la base de LAHR, en Allemagne. Refait à neuf et taillé dans un mélèze, haut de 5,40 mètres, le nouveau totem flambant neuf fut ré-inauguré par Pierre MERSCH, maire, le 8 juin 1986. Il est régulièrement entretenu et certaines de ses parties ont de nouveaux été remises en état, car les intempéries et la pollution auraient tôt fait de venir à bout de cette mémoire du passé. En 2005, le second Totem qui a toujours gardé les sculptures et dessins originels, a du être remplacé.
Il est maintenant en résine, ce qui devrait lui permettre de mieux résister aux outrages du temps.


Yannick Meunier
du Centre d’Etudes Canadiennes de l' université de Paris III a réalisé une étude sur le totem de Longuyon et nous livre un article passionnant.

Le « Totem » canadien de Longuyon

Les Indiens de la Côte nord-ouest du Pacifique érigent des « totems » comme nous des monuments. Sous des aspects divers, le monument rappelle qu’un événement singulier s’est passé près de son lieu d’érection. Le monument sert de support et de rappel à la mémoire. La ville de Longuyon possède un « totem » indien spécialement rapporté de la Colombie britannique (Canada). D’après la plaque qui est scellée sur le piédestal du Totem, il s’agit d’exprimer la gratitude des aviateurs du 1er Wing RCAF pour les Français, mais en réalité ce sont les Longuyonnais qui sont principalement visés par ce témoignage d’amitié. Le 11 mars 1967, devant une foule immense rassemblée autour du Totem, le Maire Robert Drapier fait ses adieux au 1er Wing RCAF, puis le Colonel Robert G. Christie, le Commandant de la base canadienne de Marville, est revêtu d’une imposante coiffe emplumée par le Chef squamish Khut-La-Cha. L’instant est magique, incroyable. La scène est inédite dans l’histoire de la France et elle se tourne précisément à Longuyon, place du général Leclerc.

Cependant, l’instant est confus. La ville inaugure un « totem » indien avec un « vrai » indien, alors qu’en réalité il s’agit du cadeau de départ du 1er Wing RCAF obligé de quitter la France suite aux déclarations du Président de Gaulle. Ce que nous voyons est bel et bien un « totem », mais vidé de son contenu autochtone. Le message que le monument indien suggère à travers ses sculptures est occulté par la fonction médiatrice qu’on lui attribue généralement. Pour preuve, le discours que tiennent les militaires et le maire de l’époque prône l’amitié entre les peuples et non l’histoire du « totem » et encore moins celle des Indiens du Canada. Le « totem », qui est un élément de la culture autochtone, devient à un moment particulier des relations franco-canadiennes un symbole pacifique du Canada. Evidemment, le regard que portent les Indiens sur le « totem » est différent de celui du 1er Wing RCAF ou des Longuyonnais. Appelé mât héraldique dans le milieu de l’ethnologie, il évoque par ses figures une histoire ou un mythe spécifique au propriétaire du mât, souvent un Chef indien, pour qui l’œuvre a été sculptée. L’histoire contenue dans le mât est strictement personnelle. Elle ne concerne ni les aviateurs canadiens, ni les Lorrains. Seules des circonstances exceptionnelles, comme ici avec l’inauguration du Totem dans le contexte politique des années 1960, ont rendu possible la multiplicité des messages et des histoires. Le « Totem » est une affaire de familles… éclatées, dispersées, entre Vancouver et Longuyon via Marville. Chacun le considère d’après des faits vécus, entendus, ou imaginés. Le regard que porte chaque génération de Longuyonnnais au monument indien l’éloigne un peu plus de sa raison première. Cette rencontre entre deux mondes, deux cultures, fait l’objet d’écriture que j’ai intitulé « les histoires du Totem de Longuyon ». A cet égard, je remercie la Mairie de Longuyon et les nombreux Longuyonnais qui m’ont témoigné de leur profonde sympathie dans la réalisation de ce livre d’histoire et de mémoire.

Yannick Meunier
Centre d’Etudes Canadiennes, Université de Paris III.



L'Eglise Sainte-Agathe



Ce serait au début du XI ème siècle qu’aurait été construite une partie de l’église actuelle, sur l’emplacement de l’ancienne chapelle Sainte-AGATHE. Elle n’avait qu’une seule nef dessinée par de basses arcades à plein cintre et son chœur était tourné vers le Levant selon l’usage liturgique. Faiblement éclairé, l’édifice portait à la méditation et pour y accéder, il fallait traverser le cimetière qui s’étendait tout autour du sanctuaire.

La nécropole était entourée d’un épais mur percé de meurtrières horizontales et les habitants devaient sans doute s’y réfugier pour résister à toute attaque de brigands ou d’ennemis. C ’est toujours vers cette époque que les paroissiens firent construire le lourd beffroi carré que nous connaissons encore aujourd’hui, et du haut duquel ils pouvait surveiller la forêt environnante où s’élève de Longuyon moderne, et sonner le tocsin en cas de danger.

Au début du XIIème siècle, une charte de REPON, autre archevêque de Trèves, confirme que la paroisse de Longione, après avoir longtemps dépendu de l’église Saint-PIERRE de Trèves, passe sous la tutelle des bénédictins de Sainte-MARIE aux martyrs (de Trèves) pour deux tiers et l’autre tiers, de l’abbaye d’Orval qui donne tout pouvoir d’administration aux moines de la Grange de Villancy.

En 1270, les chanoines envisagent d’agrandir le sanctuaire, mais les travaux ne débutent qu’en 1275 car l’argent manque, bien que le comte THIEBAULT de Bar ait autorisé les ecclésiastiques à percevoir de fortes dîmes pour réaliser ce projet .Toutefois, il fallut réduire les exigences fiscales car les bourgeois de Longione refusaient de payer.

Entre 1275 et 1287, le sanctuaire vit sa nef doubler de longueur, et il lui fut adjoint deux nefs collatérales éclairées par de longues fenêtres à lancettes. Le chœur forma une abside polygonale et sur le côté sud, on éleva une tourelle en pierres de taille afin d’y loger un escalier qui conduit au-dessus des voûtes ogivales.



                                              

C’est en 1287, le 20 avril probablement, que la collégiale fut consacrée à Sainte-AGATHE.



Il existe une statue de pierre sculptée de la Martyre de Catane ; elle date de cette époque, elle est de très bon style et de bonne facture.

En 1270, le comte THIEBAULT avait affranchi la cité qui s’administra selon la loi de BEAUMONT datant de 1182.La justice était rendue par deux hommes élus, l’un par 40 Bourgeois et l’autre par toute la communauté. A ces deux élus s’ajoutaient trois Bourgeois de la Ville et un de Noërs, de sorte qu’avec le Maïeur et le Lieutenant, c’étaient 8 personnalités qui prêtaient serment devant le Prévot.

Le Maïeur réglait l’usage du moulin banal, fixait le prix de vente des denrées, avait autorité en matière de police sanitaire et frappait d’amende tout contrevenant. Il était aidé dans sa tâche par deux gardes forestiers. Lorsque le Prince se déplaçait, le Maïeur et les Echevins (adjoints), au nom de la ville, étaient tenus d’entretenir son escorte et seuls, les Drapiers échappaient au paiement des 12 deniers forts réclamés à chaque Bourgeois, lors de sa visite.

(Source Mairie de Longuyon)



La Grotte de la Vierge



La grotte de la vierge a été construite en 1900 par les élèves de terminale de l’institution des frères des écoles chrétiennes installés de l’autre côté de la route. Elle rappelle la grotte de Lourdes et à partir de la date de sa construction, les frères et le clergé local organisèrent périodiquement de petites cérémonies religieuses notamment le 15 août jour de l’Assomption. Ces cérémonies se poursuivent même après le départ des frères en 1905 jusqu’aux environs des années 80. Cette pratique est désormais passée de mode.
A noter que de nombreux ex-voto étaient fixés au rocher et que les fidèles venaient souvent, dans le temps, brûler des cierges au pied de la vierge.

(Source Mairie de Longuyon)



La Chapelle



Elle doit son nom au collège des Frères, lequel a existé à Longuyon de 1874 à 1904. Tout d'abord implanté à Beauregard (Faubourg de Thionville), il est transféré à Longuyon, suite à la fermeture des établissements catholiques, décrétée par Bismark. C'est sur le terrain appartenant au Comte O'Gormann qu'est construit le collège; le 8 septembre 1874, c'est la pose de la première pierre. Le 23 novembre de la même année a lieu la rentrée. L'établissement peut recevoir 300 élèves. Les grands élèvent décident d'élever une grotte dédiée à Notre Dame de Lourdes, seul vestige qui a été respecté.

Le 1er mai 1887 est posée la première pierre de la chapelle du collège. La bénédiction a eu lieu le 29 décembre de la même année. Mais la loi de 1904 prescrit la fermeture des écoles de congrégations religieuses. Les frères quittent Longuyon pour Hachy près d'Arlon. Les bâtiments disparaissent petit à petit et la chapelle devient une ruine.

En 1937, le chanoine Remy, curé de Longuyon, achète le terrain et décide de la restauration de la chapelle, mais la guerre de 1939 interrompt les travaux. Ils seront repris en 1944 sous l'impulsion de monseigneur Frédéric, curé de la paroisse. Progressivement, la chapelle prend l'aspect que nous lui connaissons, grâce aux bonnes volontés de cette époque.

(Source Mairie de Longuyon)



                                                                                                                               

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