SF 84 à Nogaro: compte-rendu

Compte-rendu de G.Molitor


Semaine Fédérale de Cyclotourisme

Nogaro

5 au 12 août


Suite à ma participation, l’année passée, à la SF de Sallanches, quelques membres se sont laissé convaincre pour venir à Nogaro : Paul Guillaume et Christian Picquoin, ainsi que leur famille respective.


Samedi 4 :


En arrivant dans Nogaro, je rencontre par hasard Christian Picquoin qui est déjà installé depuis une semaine, pendant laquelle il a fait très chaud, trop même pour rouler. Heureusement la température sera plus clémente durant la semaine à venir.

Je suis logé dans le dortoir du lycée de Nogaro. Beaucoup de monde à la permanence où l’on trouve différents stands. Je revois quelques cyclos connus l’an dernier, mais beaucoup de têtes nouvelles aussi.


Dimanche 5 :


Pas de trace des longuyonnais. L’après-midi, après une petite sortie en vélo, je fais le tour du camping pour essayer de trouver l’emplacement des autres membres du club. Beaucoup de caravanes, mais je rentre bredouille.

L’inauguration de la semaine fédérale a lieu vers 16h, au lycée. Je retrouve enfin les longuyonnais. Énormément de monde (plus de 5000 inscrits d’après les organisateurs, soit 7000 avec les accompagnateurs. Nombre impressionnant !).


Lundi 6 :


Sans complexe, Christian Picquoin, Paul Guillaume et moi décidons de faire le grand parcours (160 km). Dès le départ, une côte au fort pourcentage refroidit bien des ardeurs. Nous empruntons ensuite des petites routes étroites, gravillonnées, et remplies de cyclos. Il est difficile de dépasser et périlleux de s’arrêter. Plus de côtes que prévu, et faisant mettre pied à terre à de nombreux cyclos qui continuent parfois au milieu de la chaussée. Tant pis pour ceux qui suivent !

Puis les routes devenues plus praticables permettent de rouler plus facilement et d’apprécier le paysage.

Nous aurons droit à une dégustation de Floc (apéritif local), mais réussirons à rouler droit par la suite.

Grosse erreur de kilométrage de la part des organisateurs : au lieu de 160 km, le circuit en fait 200 ! Beaucoup de cyclos coupent en fin de parcours pour rentrer directement.


Mardi 7 :


La 1ère journée ayant calmé bien des ardeurs, les jambes étant lourdes, je suis le seul du club à rouler ce matin et je me contente d’un parcours de 60 km.

L’après-midi, nous délaissons les sorties proposées et allons à 4 au lac d’ Uby, à 30 km de là, sur des routes plus faciles.

Longue pause près du lac, puis retour par des petites routes. Une erreur de parcours nous fera atterrir dans les champs mais nous permettra de découvrir un point d’eau en pleine nature. Mme Guillaume oubliera là ses gants, il lui faudra ainsi qu’à Paul remonter une sévère côte pour les récupérer.


Mercredi 8 :


Aujourd’hui était prévu le Brevet Gascon (215 km) mais la pluie de la nuit et un temps incertain le matin nous obligent à réviser nos projets.

Nous ne ferons que le 3ème parcours (115 km). Bien nous a pris de limiter nos ambitions car les côtes étaient encore nombreuses au rendez-vous. Paul empêchera un cyclo bloqué dans ses cale-pieds et surpris par une brusque montée de chuter, sa B.A. du jour !

A midi, arrêt dans un café-restaurant envahi par les cyclos. Là, un solide casse-croûte au pâté et une bouteille de vin local nous permettront de poursuivre la route dans de bonnes conditions.


Jeudi 9 :


Nous voici déjà au milieu de la semaine. Paul décide d’avoir un jour ‘’sans’’ et ne touchera pas son vélo de la journée.

C’est d’ailleurs le jour du pique-nique et Paul amènera avec sa voiture les longuyonnais qui ne roulent pas sur les lieux, même le chat de la famille Picquoin sera de la partie !

Christian, son fils et moi opterons pour le grand parcours (85 km) et Mme Guillaume fera l’autre (54 km).

Avant d’arriver sur les lieux du repas, une cyclote nous en aura fait baver, n’est-ce-pas Christian !

Luis Ocana était invité par les organisateurs ; il gardera probablement un souvenir amer de cette journée, un groupe de cyclos ayant commis un acte navrant et dont ont été témoins quelques longuyonnais.


Vendredi 10 :


La fin de la semaine arrive, Mme Guillaume accomplira sa dernière sortie en vélo en compagnie de son mari, ils feront 95 k.

Christian et moi choisissons un parcours plus long (150 km). Vers la mi-parcours, des grimpettes qui se succèdent sans arrêt nous obligent à mettre souvent le triple plateau, et ce n’est pas un luxe ! Nous voyons des cyclos moins bien équipés tirant des développements bien trop grands peiner sérieusement dans ces raidillons.

Nous ne trouverons de quoi nous restaurer que vers 14h ; Paul, quant à lui, a mangé un cassoulet sublime dont il garde encore un souvenir ému maintenant !


Samedi 11 :


Dernier jour déjà, Paul, Christian, son fils et moi décidons de terminer en beauté en prenant le grand parcours.

Celui-ci nous fait circuler en partie dans les Landes, nous avions oublié ce que c’était une route plate et, du coup, nous nous sentons des ailes, la traversée des forêts de pins se fera à une moyenne impressionnante… Puis nous reviendrons à un rythme plus ‘’cyclotouriste’’, d’autant que nous retrouvons des côtes ! Christian part en avant avec Eric.

Nous faisons de nouveau un arrêt-cassoulet, c’est vrai qu’il était extra ! En fin de parcours, nous couperons largement, retrouverons nos habitudes longuyonnaises pour trouver de l’eau (c’est-à-dire dans un cimetière) et nous nous accorderons une longue pause (1/2 heure) à 20 km du but. C’est aussi cela le cyclotourisme !

A l’arrivée, Paul fera un tour du circuit auto pour essayer d’atteindre les 150 km dans la journée, mais il n’en fera ‘’que’’ 148. Christian et son fils, eux, auront parcouru 162 km.


Dimanche 12 :


L’hébergement n’étant plus assuré ce soir au lycée, je repars le matin et n’assiste donc pas au défilé final. Mais les autres longuyonnais seront là encore pour y assister avant de partir à leur tour, fort satisfaits de leur expérience et très désireux de la renouveler en 1985.

Le bilan global est largement positif : parcours intéressants quoique parfois difficiles (plus qu’à Sallanches), organisation sans faille, les récriminations étaient rares.

Cette manifestation prenant d’année en année plus d’ampleur, il y avait peut-être parfois des attentes un peu longues (repas au lycée, toilettes et douches sur le terrain de camping), mais avec le prix que l’on nous demande, nous ne pouvons bien-sûr pas avoir les mêmes prestations qu’un organisme de vacances, et de toute façon l’ambiance qui règne tout au long de cette semaine fait oublier les quelques inconvénients qui peuvent exister çà et là.

 

Quelques chiffres : les longuyonnais ont parcouru 2774 km répartis comme suit :

Ghislain Molitor 829 km.

Christian Picquoin 748 km.

Paul Guillaume 603 km.

Eric Picquoin 295 km.

Mme Guillaume 248 km.

Philippe Guillaume 51 km.

SF 84 à Nogaro: compte-rendu

Nogaro, le mot du Président.

Semaine Fédérale 1984 – Nogaro



Nogaro en ce début du mois d’août, petite ville presque inconnue (de nous en tout cas), devient soudain grâce au vélo, le point de ralliement de tous les cyclos désireux de marquer leur année en participant à cette superbe manifestation qu’est la Semaine Fédérale.

La rencontre fut de taille !

A l’approche de Nogaro ; alors que des files de voitures, caravanes ou remorques à l’arrière, vélos sur le toit se formaient tout en remontant lentement ceux (les vrais dit-on d’eux !) qui partis depuis plusieurs jours, arrivaient enfin, vélo chargé, sacoches au ras du sol. J’ai senti qu’il allait se passer quelque chose et nous fûmes servis !

Après l’accueil à la permanence, nous avons rejoint le circuit auto où nous devions séjourner. Après deux tours de piste lentement au milieu de ceux, les veinards, qui avaient déjà trouvé leur emplacement, nous trouvions le nôtre. Installation, prise de contact avec les voisins (des nancéens), nous sommes répartis par ligue)… et avec les sanitaires ; WC, douches, lavabos, prises électriques, nos craintes, surtout celles des dames s’envolent. Tout y est ! Le lendemain dimanche, l’ami Picquoin, sur place depuis une semaine, installe sa caravane auprès de nous, nous voilà en famille, tout est OK !

Ce jour-là, nous en profitons pour découvrir, à pied, l’ensemble du circuit qui a fait le plein de ses cyclo-campeurs ; impressionnant tout ce monde ! Gare à la bousculade au départ du lendemain. Petite incursion près des stands. Tout y est : ravitaillement, produits diététiques, vêtements sports, petit artisanat et dépannage par un jeune vélociste qui déjà s’affaire avec compétence : il sera sollicité le bougre ! Ambiance sympa, il fait beau : l’organisation a tout prévu ! Petit tour en ville pour quelques achats : Nogaro, très accueillante et très commerçante nous donne l’impression que là aussi on a tout prévu : tout y est et tout y sera jusqu’au bout ! Chapeau ! Beaucoup de vélos en ville, et la curiosité des habitants devant cette affluence cycliste est amusante : on se sourit, on se salue au passage, quelque fois on discute : en fait, le courant passe.

Dès le lundi, les choses sérieuses commencent, et sans entrer dans le détail de chaque randonnée, j’ai tout de même noté cette ambiance matinale autour des lavabos (en plein air) vers sept heures, où chacun a cru qu’il serait le 1èr, t’aperçois un peu dépité que tous les randonneurs sont là, certains déjà partis, et se promettant d’être là bien plus tôt le lendemain.

Seulement, le Gers est dur. Le soir, tout le monde est terriblement fatigué et beaucoup ne se lèveront même pas à l’appel de la randonnée suivante. Je fais partie pour ma part de ceux et celles qui ont bien roulé, comme le fit notre petit groupe, et qui ont souffert, mettant pied à terre dans certains ‘’murs’’ (malgré mon 32/26) pour cause de crampes ou tout simplement parce que les jambes n’en voulaient plus, suivant alors à pied sur quelques cent ou deux cent mètres certains cyclos en manque de petits développements, qui louvoyaient sur la route, et qui auraient ressenti comme un déshonneur d’y poser le pied. Le cyclotourisme c’est aussi savoir s’incliner devant le profil de la route, à mon humble avis, sans aucun déshonneur : la route a bien souvent le dernier mot, c’est bien connu !

L’enseignement que je tire de cette Semaine Fédérale est bien que le cyclotourisme gagne là ses lettres de noblesse. Sport à part entière pour tous, formidable école de volonté où chacun, à sa mesure, trouve à se dépasser. ‘’Grande messe de la fraternité’’ aussi, le contact humain n’est-il pas un élément déterminant dans le cyclotourisme, j’en veux pour preuve le défilé de clôture d’une impressionnante réalité, où près de 3500 cyclos (et tous n’y étaient pas), roulaient lentement coude à coude, le visage rayonnant d’une juste satisfaction après les dures épreuves de cette semaine.

Cette année fut pour nous ‘’une première’’, la suite d’un essai solitaire, en 83, de notre Ami Ghislain. J’espère que d’autres, au sein du club, nous accompagneront dans la Semaine Fédérale 85.


Le Président

Paul Guillaume

 

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