Semaine Fédérale à Saint-Ouen-l'Aumône, 1985

SF 85 à Saint-Ouen-l'Aumône: compte-rendu

Compte-rendu de G.Molitor


Semaine Fédérale de Cyclotourisme 85

Saint-Ouen l’Aumône

7/11 août



L’organisation d’une Semaine Fédérale dans la région parisienne avait rebuté pas mal de cyclos qui ont prétexté la circulation et le manque d’intérêt touristique pour ne pas venir cette année. C’est ainsi que le nombre de participants ne dépassait pas les 4000 contre 6 ou 7000 les années précédentes.

Un seul membre du CCL le représentait : Ghislain Molitor.

Autant le dire tout de suite : les craintes de certains se sont avérées vaines. L’organisation de cette SF s’est montrée pratiquement sans faille. La circulation automobile a été peu gênante et les participants plus touristes que cyclos trouvaient souvent l’occasion de sortir l’appareil photo de la sacoche ; les trois vues qui suivent en sont un exemple…

Seule la météo n’a pas été à la hauteur ; mais contre cela, les organisateurs n’y pouvaient rien !

………………..

Arrivée le samedi après-midi. Aucun problème pour trouver le point de ralliement : fléchage excellent et organisateurs aux carrefours importants. Accueil sympa. Contrairement aux années précédentes, les cyclos logés en dortoir sont scindés en groupe de 50 hébergés dans des collèges ou lycées différents. Est-ce un bien, est-ce un mal ? De cette manière, nous connaîtrons mieux les cyclos du groupe, mais nous ne verrons pratiquement jamais les autres si ce n’est au hasard d’une randonnée.

Pour ma part, je suis logé dans un lycée de Pontoise.


Lundi 4


De fortes pluies durant la nuit nous font craindre une première journée manquée. Le matin il ne pleut pas mais le ciel est très menaçant. Comme nous sommes venus pour rouler, pas pour rester en chambre, personne n’hésite, chacun enfourche sa monture et s’en va pour la randonnée de son choix.

La sortie de la ville se fait hors de la présence des voitures par des chemins de halage, des voies caillouteuses que nous n’oserions proposer chez nous de peur de nous attirer les foudres des autres cyclos. Mais ici pas de protestations et pourtant dès le départ il y a eu ce jour énormément de crevaison (et plusieurs même pour certains !). Pour ma part, ayant pris la précaution de me chausser de pneus neufs, je ne connaîtrai pas cette mésaventure de tout le séjour.

Après cette entrée en matière, nous retrouvons des routes avec un meilleur revêtement une fois sortie de la banlieue.

Arrêt au château de Vigny, j’aperçois le Président Dobise qui est de la partie lui aussi.

Du côté de Villarceaux, de nombreux cyclos ayant déjà opté pour les petits parcours, je me retrouve seul sur la route. Enfin, pas vraiment, je suis en compagnie d’un fort vent contraire qui freine sérieusement mon allure. Je suis content de me faire rattraper par un groupe afin de me coller derrière eux pour souffler un peu.

Nouvel arrêt sur les hauteurs dominant la Roche-Guyon d’où l’on a de belles vues sur la Seine. Beaucoup de monde autour du restaurateur de la SF.

Quand je reprends la route, les nuages s’ouvrent sur nous et la pluie ne me quittera guère jusqu’à l’arrivée.

Passage à Chanteloup-les-Vignes, où avait lieu la poly multipliée des coureurs pros. Une variante grimpeur nous est proposée mais avec le vent et la pluie, merci, j’en ai assez pour aujourd’hui.

Un peu plus loin, un molosse bondit sur moi quand je passe à sa hauteur ; je me découvre des ressources insoupçonnées et j’arrive à le distancer. Efficace, le coup du chien pour faire avancer les cyclos fatigués !

(136 km parcourus).


Mardi 5


Aujourd’hui sera une journée sans pluie mais nuageuse, le soleil ne sera pas encore de la partie.

Le vent et la pluie d’hier ont alourdi les jambes, peu de cyclos se lanceront sur les grands parcours. D’ailleurs, à partir de 11h, je me trouve seul sur la route, je n’aperçois personne ni devant ni derrière. Heureusement que le fléchage me fait savoir que je ne suis pas égaré, sinon j’aurais des doutes…

Après Lalandelle, de gros nuages noirs barrent l’horizon. Je décide alors de prendre à droite pour rallier directement Gerberoy en évitant Saint-Germer ; dans cette direction le ciel est moins menaçant.

Bien m’en a pris car j’aurai évité un sérieux orage, seules quelques gouttes éparses me sont parvenues. Mais ceux qui ont choisi le grand parcours ont été servis, je l’apprendrai plus tard.

A Beauvais on retrouve les cyclos du parcours moyen, je suis moins seul. Visite de la magnifique cathédrale.

La fin de parcours sera très rapide pour moi ; la forme aidant, les 40 derniers km seront avalés à grande vitesse.

(165 km parcourus).


Mercredi 6


L’un des sommets de cette SF avec le passage à Versailles et dans la vallée de Chevreuse.

A Conflans-Sainte-Honorine, beau point de vue sur la Seine et ses péniches. Ensuite beaucoup de routes forestières sans voitures permettent d’arriver sans problèmes à St. Germain, puis plus tard à Versailles. Et, miracle, le soleil est au rendez-vous ! Normal, nous sommes chez le Roi-Soleil !

Je parcours les allées parfois pavées du par cet fait le tour du Grand Canal (3 ou 4 km), passe près d’un panneau ‘’interdit aux cyclistes’’ et arrive devant le palais. Beaucoup de touristes, les cyclos pour une fois sont autorisés.

Quelques photos et je repars car la route est encore longue.

A partir de maintenant, moins de cyclos sur la route, je me retrouve souvent seul.

Avant Chevreuse, une côte, longue et difficile (3 chevrons sur la carte Michelin), me fera mettre pied à terre. Cela n’arrive pas très souvent !

Traversée de la Chevreuse avec de fort jolies villas, puis Dampierre.

Après un long passage en forêt, arrivée à Montfort l’Amaury où on nous fait emprunter de petites rues pavées, et quels pavés ! De vrais chapeaux melon ! Ceux de Versailles sont bien plats à côté. Je suis encore étonné de n’avoir, à cause des secousses, rien eu de cassé sur ma bicyclette.

Retour tranquille vers St. Ouen.

(162 km parcourus).

 

Jeudi 7

 

C’est le jour du pique-nique traditionnel qui avait lieu dans un immense parc de loisirs à Cormeille-en-Vexin.

Mais comme je n’ai pas réservé de repas, je me contenterai d’y passer sans m’arrêter, d’autant que, le matin, la pluie était de nouveau au rendez-vous.

(49 km parcourus).

 

Vendredi 8

 

Ce sera la seule journée où je n’emporterai pas le Goretex, les risques de pluie étant quasiment nuls.

Pas mal de choses intéressantes aujourd’hui : Chambly et son clocher penché, un premier passage à Chantilly près de son magnifique château, Senlis et ses vieux quartiers, (encore des pavés, mais assez ‘’gentils’’), Ermenonville avec la Mer de Sable de Jean Richard, les étangs de Commelles, un second passage à Chantilly (axé cette fois sur le monde du cheval : villas luxueuses, champ de course, allées cavalière…), l’abbaye de Royaumont, l’Isle Adam…

Ouf ! Le programme est très copieux pour ceux qui font les grands parcours, quelques photos sont prises mais pas question de visiter quoi que ce soit ! Ce sera une autre fois…

(164 km parcourus).

 

Samedi 9

 

Les organisateurs avaient promis comme final pour cette SF un parcours du genre ‘’casse-patte’’. En fait les côtes ne m’ont guère impressionné, elles étaient –pour mon compte personnel- beaucoup moins dures que prévu. Mais ce qui m’a gêné d’avantage, ce fut le vent dans la première moitié du parcours. Un très fort vent contraire. Une seule solution quand on roule seul : mettre petit et mouliner.

Pas question de s’accrocher à un groupe : beaucoup de cyclos renonceront à faire un grand parcours et capituleront en cours de route.

Finalement j’arrive aux Andelys dans un horaire fort acceptable avec comme récompense une vue magnifique sur la Château-Gaillard construit sur une falaise dominant la Seine.

A partir de là, changement de direction, le vent devient mon allié et j’avance maintenant presque sans forcer.

A un endroit, une flèche mal collée me fait faire un détour de 6 km, je ne serai pas le seul à commettre cette erreur.

Passage à Gisors et retour rapide –une fois de plus- vers St. Ouen.

Cette randonnée finira mal pour un cyclo toulousain logé dans le même lycée que moi : il s’est fait renverser par une voiture à 10 km de l’arrivée, 2 mn avant mon passage. Bilan : 2 semaines d’hôpital. Triste fin de Semaine Fédérale pour lui !

(179 km parcourus).

 

Ayant quelques doutes sur la réussite de cette Semaine Fédérale lors de mon inscription, ceux-ci ont été vite balayés (pas par le vent…) dès les premiers contacts, et les jours qui passaient me confortaient dans mon idée que finalement cette Semaine Fédérale était d’un bon cru.

 

Évidemment les paysages proposés n’étaient pas ceux de Sallanches, et le soleil n’était pas aussi généreux qu’à Nogaro, mais ce serait oublier que la région parisienne possède des aspects qui lui sont propres et qui sont tout à fait dignes d’intérêts.

A cela s’ajoutent une très bonne organisation  et une ambiance toujours égale qui à elle seule justifie le déplacement. Finalement mon seul regret est d’avoir été l’unique Longuyonnais à effectuer le déplacement.

Beaucoup de cyclo ont fait ‘’l’impasse’’ sur cette SF en reportant leurs efforts sur celle de 1986, mais je peux dire que j’aurais eu tort de les imiter et de m’abstenir de venir ici.

 

La prochaine Semaine Fédérale qui aura lieu en Bretagne à Guingamp promet beaucoup. Mais comme cette fois les cyclos seront nombreux à faire le déplacement, il y aura (peut-être) des problèmes d’intendance et gare à la cohue sur les routes ! Alors, malgré ses promesses, rien ne prouve qu’elle sera supérieure à la Semaine Fédérale qui vient de se terminer. Je verrai bien (oserais-je dire ‘’nous’’ verrons bien ?...)

 

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